Tunisie : Les observateurs au respect du « principe d’égalité des chances à l’élection présidentielle » du 15 septembre

Tunisie : Les observateurs au respect du "principe d'égalité des chances à l'élection présidentielle" du 15 septembre

Les observateurs électoraux déployés par l’Union européenne ont appelé lundi les autorités tunisiennes à respecter le « principe d’égalité des chances à l’élection présidentielle » du 15 septembre, en permettant au candidat Nabil Karoui, un publicitaire controversé actuellement en prison, de faire campagne.

Saluant les débats organisés entre les différents candidats et diffusés sur de nombreuses chaînes de télévision et radios depuis samedi, la mission d’observation a déploré dans un communiqué l’absence de M. Karoui.
Ce dernier était invité au débat de samedi soir, mais aucune solution n’a pu être trouvée par la justice tunisienne pour lui permettre d’y participer.

Les observateurs ont appelé les autorités à « permettre à tous les candidats, dont M. Karoui, de mener campagne dans le respect du principe d’égalité des chances à l’élection présidentielle ».
M. Karoui, fondateur de la chaîne de télévision privée Nessma, l’une des principales du pays, est visé par une instruction judiciaire depuis 2017, après le dépôt par l’ONG anti-corruption I-Watch d’un dossier l’accusant de fraude fiscale et blanchiment d’argent.

Il a été arrêté le 23 août dernier, 10 jours avant la campagne électorale, poussant nombre d’observateurs à déplorer une instrumentalisation de la justice.

Sa candidature a néanmoins été validée par l’instance indépendante chargée d’organiser les élections.
La mission d’observation dirigée par le vice-président du Parlement européen Fabio Massimo Castaldo, qui compte actuellement 10 analystes électoraux et 28 observateurs de terrain, va suivre les différentes phases des scrutins présidentiel et législatif.

Une centaine d’observateurs européens seront déployés le jour du premier tour de la présidentielle, le 15 septembre.
M. Karoui n’est pas le seul candidat absent pour cause de démêlés avec la justice. Slim Riahi, politicien et homme d’affaires poursuivi pour blanchiment d’argent, s’est réfugié en France depuis fin 2018.

Il est invité à participer au troisième et dernier débat prévu lundi soir, en présence notamment du Premier ministre Youssef Chahed, mais sa demande à y participer à distance a été refusée, a-t-il indiqué sur sa page Facebook. Il a déposé un recours en justice pour interrompre la diffusion du débat.

La Tunisie a vécu depuis samedi des soirées politiques télévisées inédites, les 26 candidats répondant à des questions pour aider les citoyens à faire leur choix, un événement rarissime dans le monde arabe.

Selon la société d’audiométrie et sondages Sigma Conseils, les débats ont été suivis par trois millions de téléspectateurs, dans un pays de 11 millions d’habitants.

Avec AFP

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