Tchad : société civile et opposition dénoncent la ‘’défaillance’’ du régime

Tchad : société civile et opposition dénoncent la ‘’défaillance’’ du régime

La société civile et l’opposition tchadienne dénoncent la « défaillance » du pouvoir qui menace de rétablir la cour martiale au moment où les attaques jihadistes et les violences intercommunautaires se multiplient dans le pays.

Le président tchadien Idriss Déby Itno a dénoncé mardi à N’Djamena « de fortes complicités locales » avec le groupe jihadiste nigérian Boko Haram dans la région du lac Tchad où au moins huit attaques ont eu lieu depuis juin 2018, appelant à dénoncer « tous ceux qui servent de relais aux terroristes ».

Il a également menacé de rétablir la cour martiale, supprimée en 1993, alors que l’est du pays est en proie à un grave conflit intercommunautaire entre éleveurs et agriculteurs. Cette juridiction était compétente pour juger militaires et civils. Le Tchad a aboli fin 2016 la peine de mort à l’exception des affaires de « terrorisme ».

Pour l’opposition tchadienne, les dernières déclarations du chef de l’Etat illustrent son « incapacité » à continuer à présider aux destinées du Tchad.
« C’est la preuve que Déby est incapable de gérer le pays sans recourir à des lois d’exception (…) les conflits intercommunautaires se multiplient de plus en plus. C’est la preuve que le régime actuel est à bout de souffle », a déclaré le président de l’Union Nationale pour le Développement et le Renouveau(UNDR), Saleh Kebzabo.

Au moins trente et une personnes sont mortes mi-mai dans l’est du Tchad, au cours d’affrontements opposant agriculteurs autochtones ouaddaïens et éleveurs membres de tribus arabes.

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’est tchadien, zone de transhumance et région stratégique à la frontière avec le Soudan, est en proie à des conflits entre ces communautés. En novembre 2018, des affrontements meurtriers ont fait une dizaine de morts près d’Abéché, capitale du Ouaddaï, province orientale du Tchad.

« Le président Idriss Deby, 66 ans, qui est depuis 29 ans accroché au pouvoir, n’a pas été capable d’instaurer la paix et la sécurité au Tchad », estime le secrétaire général du Parti pour les Libertés et le Développement(PLD), Mahamat Ahmat Alhabo. »Déby doit se blâmer lui-même, c’est l’échec de sa gouvernance », a-t-il ajouté.

DIASPORA FM 102.3 avec AFP

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