Réformes institutionnelles : quelle cour des comptes pour le Bénin ?

Le Bénin dispose depuis 1960 d’une chambre des comptes qui est l’une des trois chambres de la cours suprême régie par l’ordonnance N°21/PR du 26 avril 1966. Dans le contexte régional où la question de la bonne gouvernance préoccupe plus d’un la création d’une cour des comptes devient une préoccupation urgente. C’est bien à ce propos que la cours des comptes était au menu des débats entre les professionnels des médias au rendez-vous hebdomadaire des journalistes café médias de ce vendredi 08 juillet 2016.

Dans de nombreux pays Africains, les finances publiques souffrent d’une gestion laxiste voire d’une tendance à la prédation. Pour mettre un terme à cette dégradation de la gestion des finances publiques, l’Union Economique Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), a demandé aux Etats membres de créer des cours des comptes autonomes au plus tard le 31 décembre 2002. Quatorze ans plus tard le Bénin n’a pu se conformer à cette prescription communautaire. Mais cette question est enfin prise en compte dans le projet des réformes institutionnelles du président Patrice Talon.

Selon l’ancien président de la chambre des comptes à la cour suprême du Bénin, Maxime Bruno Akakpo, « la méconnaissance de l’existence d’une justice financière au Bénin explique la dégradation continue de la gestion des finances publiques.  Si la chambre des comptes avait été mise en état d’exercer effectivement ses missions on pourrait réduire énormément la corruption et la mauvaise gestion. Tous les candidats aux élections présidentielles ont dit, on va créer la cour des comptes. Mais institution par la constitution d’une cour des comptes est loin d’être une panacée.  L’expérience a montré que 10 ans après avoir créé les cours des comptes  dans la sous-région, ces cours n’ont pas démarré. Parce qu’elles ont été mal créée tout simplement. »

Maxime Akakpo, souhaite donc pour le Bénin une cour des comptes indépendante, crédible et professionnelle. « Une cour des comptes ne l’est véritablement que si elle est organisée  en corporation de professionnels de l’audite. » a-t-il renchéri

Il est temps que le Bénin sous le gouvernement de la rupture, relève ce défi de la création d’une cour des comptes autonome et fonctionnelle.

Maurille Arnaud AGOUA

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