Présidentielle à Madagascar : les observateurs exhortent les candidats à la ‘’modération’’

Présidentielle à Madagascar : les observateurs exhortent les candidats à la ‘’modération’’

Les observateurs internationaux ont appelé vendredi les candidats à la présidentielle à Madagascar à « la modération » et « à utiliser uniquement les voies légales » pour contester les résultats, après les accusations d’irrégularités formulées par deux candidats et anciens chefs de l’État.

Madagascar, grande île pauvre de l’océan Indien, est régulièrement déstabilisée par des crises politiques et post-électorales depuis son indépendance de la France en 1960.

Vendredi, la comptabilisation des voix du scrutin de mercredi se poursuivait au compte-gouttes.

Selon les résultats très provisoires de la commission électorale nationale indépendante (Céni) qui portent sur 1.350 des quelque 25.000 bureaux de vote, la course se joue entre deux anciens présidents: Andry Rajoelina qui arrive en tête (42,86%), devant Marc Ravalomanana (40,18%).

Hery Rajaonarimampianina, un autre ex chef de l’État, est très loin derrière (4,38%).

Jeudi, ce dernier, qui a dirigé le pays de 2014 à septembre 2018, a dénoncé de « nombreuses irrégularités de vote » et indiqué qu’il les transmettrait à la Ceni. Mais il a prévenu qu’il ne laisserait « pas la population se voir dérober son vote ».

Parallèlement, Marc Ravalomanana (2001-2009) a appelé à un rassemblement de ses partisans samedi à Antananarivo pour les « remercier » de leur soutien. Ce rassemblement, a-t-il ajouté, doit aussi être l’occasion de recenser des « irrégularités » et de faire l’inventaire des électeurs qui ont été omis des listes électorales.

De quoi soulever des inquiétudes à Madagascar, pays à l’histoire politique mouvementée.

Les observateurs de l’Union européenne (UE) et de l’Union africaine (UA) ont insisté vendredi pour que les réclamations se fassent « uniquement » par la voie légale.

Pour l’UE, les « irrégularités » ont été « très marginales » et « n’ont pas eu d’impact sur la crédibilité des élections ».

« Moi, les gens qui essaient de tricher quand il s’agit de dénoncer des irrégularités, je ne les aime pas », a ajouté, visiblement agacé, le chef de la mission des observateurs de l’UE, Cristian Preda, lors d’une conférence de presse à Antananarivo.

L’Union africaine (UA) a fait preuve de la même fermeté.

Les anciens présidents « sont soumis aux obligations de modération et de respect de la loi. Ils devraient être source ce paix », a insisté Ramtane Lamamra, chef de la mission des observateurs de l’UA.

« Il n’est pas dans leur intérêt d’entreprendre des actions qui peuvent entraîner des tensions et des troubles », a-t-il ajouté en référence à l’initiative de Marc Ravalomanana et à la réaction d’Hery Rajaonarimampianina.

 

Avec  AFP

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