L’OMS, étrillée par les Etats-Unis, défendue par beaucoup d’autres

L'OMS, étrillée par les Etats-Unis, défendue par beaucoup d'autres

Les Etats-Unis ont étrillé lundi « l’échec » de l’OMS face à la pandémie, lors de la réunion annuelle de l’organisation, au cours de laquelle le monde a demandé une « évaluation » de la riposte internationale.


A l’occasion de cette première Assemblée mondiale de la santé (AMS) virtuelle qui devrait finalement s’achever dans la soirée et non mardi, les pays ont également décidé de reporter les débats sur la participation de Taïwan comme observateur, réclamée par les Etats-Unis et une quinzaine d’autres pays.


Après avoir bénéficié d’un statut d’observateur, l’île a été exclue de l’OMS en 2016 sous pression chinoise, la présidente taïwanaise refusant de reconnaître le principe de l’unité de l’île et de la Chine continentale au sein d’un même pays.


Le report des débats a été accepté lundi sans opposition des Etats-Unis mais peu après, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a condamné dans un communiqué l' »exclusion » de Taïwan, et dénoncé « l’absence d’indépendance » du directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, accusé d’avoir « choisi de ne pas inviter Taïwan sous la pression de la République populaire de Chine ».


Le président américain Donald Trump, qui soupçonne Pékin d’avoir caché un accident de laboratoire qui aurait été à l’origine de la pandémie, a déjà suspendu l’importante contribution des Etats-Unis à l’OMS, en l’accusant de s’être « plantée » en s’alignant sur les positions chinoises au début de l’épidémie.


S’adressant à la réunion de l’OMS, son secrétaire d’Etat américain à la Santé, Alex Azar, a assuré que l' »échec » de l’OMS face à la pandémie de Covid-19 a coûté de « nombreuses vies », réclamant une OMS « bien plus transparente » et qui « rende davantage de comptes ».


Dans un discours diamétralement opposé, la très grande majorité des hauts dignitaires ayant pris la parole à l’occasion de ce marathon diplomatique virtuel ont chanté les louanges de l’OMS et de son patron, tout en reconnaissant la nécessité de renforcer cette agence spécialisée des Nations unies.


Alors que l’OMS « dépend à 80% des contributions volontaires » des pays, « est-il décent d’exiger tellement d’elle et de payer de manière aussi arbitraire », a notamment lancé la présidente suisse, Simonetta Sommaruga.
Ouvrant les discussions, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a pour sa part critiqué les pays ayant « ignoré les recommandations de l’OMS », estimant que le monde payait aujourd’hui au « prix fort » les stratégies divergentes.


Appelant à un « effort multilatéral énorme » face à cette « tragédie », il a dit espérer « que la recherche d’un vaccin pourra en être le point de départ ».
Comme en écho, le président chinois Xi Jinping a assuré qu’un éventuel vaccin chinois deviendra un « bien public mondial », promettant que son pays consacrerait par ailleurs deux milliards de dollars sur deux ans à la lutte mondiale contre le Covid-19.


Dans un message vidéo, le président français Emmanuel Macron a également affirmé que si un vaccin est découvert, il « sera un bien public mondial, auquel chacun devra pouvoir avoir accès ».


Malgré les vives critiques américaines à l’égard de l’OMS et de la Chine, les pays espèrent adopter dans les prochaines heures une résolution portée par l’Union européenne qui réclame « l’accès universel, rapide et équitable de tous les produits (…) nécessaires à la riposte contre la pandémie », et souligne le rôle d’une « vaccination à grande échelle contre le Covid-19, en tant que bien public mondial ».

 

Avec  AFP

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