Crise italienne : la gauche propose une alliance au M5S mais sans Conte

Crise italienne : la gauche propose une alliance au M5S mais sans Conte

La classe politique italienne restait en ébullition mercredi: le Parti démocrate (centre gauche) a proposé au Mouvement 5 Etoiles de former un gouvernement pour éviter un scrutin anticipé, périlleux pour la troisième économie de la zone euro, que réclame Matteo Salvini.

Le président Sergio Mattarella qui, détient les clefs du dénouement de la crise politique déclenchée le 8 août par le chef de la Ligue (extrême droite), a entamé à 14H00 GMT ses traditionnelles « consultations », destinées à chercher une nouvelle majorité.

Le chef de l’Etat a discuté avec son prédécesseur Giorgio Napolitano (2006-2015) puis avec les présidents des deux chambres. Aucun élément n’a filtré sur leurs discussions. Il a enchaîné par les groupes parlementaires mais verra les principaux jeudi.

Avant le coup d’envoi de ces entretiens très protocolaires, la principale force de gauche, le PD a donné pour mandat à son chef Nicola Zingaretti de proposer à Mattarella « un gouvernement de changement » avec le M5S (anti-système).

Le PD veut s’entendre avec les Cinq Etoiles sur « un programme réalisable et partagé par une large majorité parlementaire », a expliqué à la presse M. Zingaretti.

Ce parti a posé cinq conditions précises au M5S, formation née de la dénonciation du vieux système politique et de la corruption mais aux multiples courants dont une forte tendance eurosceptique.
« Appartenance loyale à l’Europe, pleine reconnaissance de la démocratie représentative et de la centralité du parlement, développement basé sur le respect de l’environnement, changement de cap dans la gestion des flux migratoires, virage dans la politique économique et sociale vers davantage de redistribution et d’investissements ».

En guise de réponse, le M5S a dit vouloir « attendre la fin des consultations » jeudi après-midi, tout en rappelant qu’il est « le premier parti au parlement, avec sa propre majorité relative ».
Car même si les rapports de force se sont inversés depuis, le M5S avait recueilli, aux législatives du printemps 2018, 32% des suffrages contre seulement 17% pour la Ligue. Aujourd’hui, les sondages les créditent respectivement de 16/17% et 36/38%.

Sûr de sa bonne étoile et de la « protection du coeur immaculé de Marie », M. Salvini a maintenu sa ligne: il réclamera au président « la voie royale » du retour aux urnes. Pour lui, « quel que soit le gouvernement qui naîtra, son but est d’être contre la Ligue ».

L’idée d’une alliance M5S-PD avait été lancée par l’ancien Premier ministre PD Matteo Renzi, ennemi juré de la Ligue et d’une bonne portion du M5S, après la mise à mort de la coalition Ligue-M5S par Salvini. Pour M. Renzi, « l’accord entre le M5S et le PD peut être une solution », en dépit des fortes inimitiés du passé.

Avec AFP

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