Afrique du Sud : la justice évoque une procédure de destitution du président Zuma

La plus haute juridiction d’Afrique du Sud a reproché vendredi au Parlement de ne pas avoir demandé des comptes au président Jacob Zuma sur un scandale provoqué par la rénovation de sa résidence privée aux frais du contribuable, un jugement qui pourrait déboucher sur une procédure de destitution.

« Nous concluons que l’Assemblée nationale n’a pas demandé des comptes au président », a déclaré la Cour constitutionnelle dans un jugement retransmis par les principales chaînes de télévision. « L’échec de l’Assemblée nationale à établir des règles sur la manière de forcer le président à un retrait (…) constitue une violation » de la Constitution, a ajouté le juge Chris Jafta.

Le tribunal a ordonné aux députés « de mettre en place un mécanisme qui pourrait être utilisé pour la destitution du président de sa charge ». Les députés « doivent se conformer » à la loi fondamentale et élaborer à cette fin des mesures applicables « sans délai », a-t-il souligné.

L’opposition avait saisi la Cour constitutionnelle, reprochant au président du Parlement de ne pas avoir instauré les processus et mécanismes adaptés pour demander des comptes au président Zuma qui n’avait pas mis en oeuvre les recommandations du gendarme anti-corruption de l’Afrique du Sud en 2014.

Les recommandations portaient sur la rénovation de la résidence de campagne de M. Zuma dans la province du KwaZulu Natal pour quelque 15 millions de dollars pris sur des fonds publics.

Le scandale a connu son apogée l’an dernier quand la Cour constitutionnelle a décrété M. Zuma coupable d’avoir violé son serment présidentiel en refusant de rembourser.

Devant les critiques dans l’opinion publique et des décisions de justice, le président avait finalement accepté de verser 500.000 dollars, une somme fixée par le Trésor.

 

Avec l’AFP

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